La naissance d'une idée💡
(2017-2018)
(2017-2018)
Tout commence par une perte de droit. En 2017, les étudiant.e.s en travail social de Lyon se voient supprimer la Rémunération de fin de formation (RFF). Personne ne les représente, personne ne porte leur voix : les étudiant.e.s du travail social n'ont alors aucune fédération.
C'est en octobre 2018 que l'idée prend forme, dans une discussion entre deux étudiants lyonnais. L'un des membres fondateurs se donne pour mission de rassembler des étudiants en travail social de toute la France afin de lancer le projet.
L'objectif est clair : rassembler les étudiant.e.s autour d'une structure unique qui les représente et fasse entendre leur voix. Une structure portée par les étudiant.e.s eux-mêmes, acteurs de leur cursus de formation, et qui leur offre enfin un point de repère.
Le besoin de structuration s'accélère avec la publication du décret n° 2018-733 du 22 août 2018, relatif aux formations et diplômes du travail social. Ce texte fait accéder cinq diplômes au grade licence : Assistant.e de Service Social, Éducateur.rice Spécialisé.e, Éducateur.rice de Jeunes Enfants, Éducateur.rice Technique Spécialisé.e et Conseiller.ère en Économie Sociale et Familiale.
Mais cette avancée ne s'applique pas aux personnes déjà en formation. Conséquence directe : l'impossibilité de redoubler en cas d'échec aux épreuves finales. Toute une génération d'étudiant.e.s se retrouve sans filet, au nom d'une réforme censée valoriser leur diplôme.
Le 20 juin 2019 marque un tournant. La rencontre avec le BDE ADESE, dont le bureau accueille des étudiants du social, permet de lancer ce qui deviendra notre fédération. C'est au cours de cette même soirée, lors d'échanges avec le président de la FNESI, que le nom de FNEMS prend vie : le projet s'appelait jusqu'alors FNETS, Fédération Nationale des Étudiant.e.s en Travail Social.
La situation provoque une mobilisation étudiante d'ampleur entre 2018 et 2020. Des manifestations éclatent partout en France tout au long de l'année scolaire 2019-2020, la plus intense étant celle du 5 décembre 2019. La coordination s'organise sur les réseaux sociaux : le Comité de mobilisation des étudiant.e.s en travail social est l'une des premières pages à porter cette volonté de se fédérer à l'échelle nationale.
Dès septembre 2019, le projet de fédération est présenté comme un outil de coordination du mouvement au niveau national. Trois étudiantes assistantes sociales d'Avignon rejoignent alors l'aventure, c'est ce qui rend la création possible.
La FNEMS naît officiellement le 15 novembre 2019, lors de son Assemblée Générale constitutive tenue à Lyon.
Elle se constitue en fédération d'associations étudiantes, régie par la loi du 1er juillet 1901.
Son conseil d'administration est composé d'associations (de personnes morales) afin de pérenniser le mouvement au-delà du passage de chaque promotion, et de rester au plus près des difficultés vécues dans chaque établissement de formation.
Trois associations sont à l'origine de la fédération : le BDE ARFRIPS de Lyon, l'ADESE de l'ESSSE à Lyon (devenues depuis 2021 AESSOL et Ocellia Lyon) et Elan Social, à l'IRTS de Talence. D'autres associations rejoignent très rapidement le conseil d'administration.
Notre objet n'a pas changé depuis : promouvoir, représenter et défendre les droits et intérêts moraux, tant collectifs qu'individuels, des étudiant.e.s en milieu social.
Dès le début de la crise sanitaire, la FNEMS se mobilise pour porter la voix des étudiant.e.s auprès des instances :
Le 5 avril 2020, la fédération lance sa première enquête sur le vécu des étudiant.e.s en pleine crise. Elle récolte 5 000 réponses en 48 heures.
Cette dynamique permet de publier une première contribution officielle dès le 8 avril 2020.
L'effort consultatif se poursuit lors du second confinement avec une nouvelle enquête, rassemblant 1 379 réponses, alertant sur la précarité et les difficultés croissantes liées aux stages et aux certifications.
En octobre 2020, moins d'un an après sa création, la FNEMS rejoint le réseau de la FAGE, première organisation étudiante de France.
Ce lien répond à une logique de double maillage : la FAGE structure le mouvement étudiant sur une base territoriale, la FNEMS sur une base de filière. Une association du réseau peut ainsi être représentée à la fois dans sa région et dans son champ de formation, sans que l'une des appartenances se substitue à l'autre.
Pour jouer son rôle de représentante, la FNEMS mène régulièrement des enquêtes auprès des étudiant.e.s. Les contributions et positions qui en découlent sont votées par le conseil d'administration, puis portées par le bureau national auprès de l'ensemble des acteurs de la formation en travail social.
Ce travail nous a valu une reconnaissance institutionnelle réelle. Notre expertise a été sollicitée par le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) et par l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS). La FNEMS a également eu l'opportunité de contribuer au livre blanc du Haut Conseil du Travail Social. Nous sommes régulièrement sollicités pour des échanges et des interventions auprès du bureau des formations sociales de la DGCS ainsi que par l'UNAFORIS.
La FNEMS est aujourd'hui reconnue comme un acteur à part entière du secteur social.
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